Je sais. Beaucoup de temps a passé. Je n'ai évidemment aucune excuse (sinon une flémingitude aiguë foudroyante)
Depuis que je n'ai pas posté ici, un tas de choses se sont passées.
En effet, Nadine Morano a révélé au grand public qu'elle n'avait non pas, comme la majorité des êtres humains, un cerveau composé de neurones tout à fait viables, mais seulement un neurone, qui tout en ayant survécu à la disparition momentanée de ses congénères, présente une nette décomposition suivi d'une putréfaction avérée. Bien sûr, cette dernière me rétorquerait avec joie qu'elle, au moins, n'a pas le physique dégueulasse d'Eva Joly (quel paradoxe).
Mais évidemment ceci n'est pas très intéressant dans la mesure où je ne vais pas lancer un débat politique pour la simple et bonne raison que tout ce que je sais, dans ce domaine, c'est que je ne sais rien. Sauf que je n'aime pas Nadine Morano. En un sens, la question intéressante et lucrative serait de savoir qui l'aime. Posé dans ce sens, le problème devient enfantin.
Depuis que je n'ai pas posté ici, nous savons que Johnny Depp et Vanessa Paradis ont rompus. C'est un triste sort. Autant dire que je ne crois plus au proverbe "l'amour est aveugle" puisque Johnny semble avoir recouvré la vue.
Nous savons également un tas d'autres choses, entre autre que Whitney Houston est désormais Whitney Houstoff (c'est une blague de mauvais goût, je vous le conçois). Je pourrais aussi vous dire que la citation d'Apollo 13 "Houston, on a un problème" prend tout son sens.
BREF.
Je ne suis évidemment pas revenue pour vous parler des actualités de cette chère planète Terre. Les médias s'en chargent très bien sans moi, rassurons-nous.
Si je n'ai pas posté ici, c'est certes par pure mauvaise volonté de ma part, mais également pour un autre motif tout de même notable et intéressant à débattre :
Je suis étudiante.
Comme les 17 milles autres personnes de mon université, me dit-on dans l'oreillette.
Oui, certes.
Mais c'est mon blog, alright ? J'ai le droit de pleurnicher, pas vrai ?
Lycéenne fraîchement démoulée (cette expression me colle à la peau, vraiment), j'étais pleine d'utopies dignes d'un vrai film à l'américaine.
Exemple : " Woow, je me baladerais des livres sous les bras, pleine d'ambition, je ferais mienne toutes les associations universitaire sur l'art et l'épicurisme, je vivrais une romance avec un jeune homme mystérieux et tombé du ciel tel un ange du paradis, ou d'un prof qui me trouvera cent fois plus intelligente que les 400 autres jeunes filles de son amphithéâtre, et évidemment, je serais première de ma promo, parce que, de toute manière, ma vie c'est trop une tranche d'oréo, et que sans contrefaçon, je suis une princesse qui fait des cacas papillon ".
Pour vous résumé les grandes lignes. Approximativement.
A défaut de devenir l'égérie de toute une génération, j'ai vécu comme une magnifique trilogie à la Twilight, toute en -ion.
Non, l'université n'est pas un endroit orgiaque et extraordinaire comme se plaisent à nous le montrer ces amerloques en papier mâché.
Non, vous n'aurez pas de casier comme dans les films avec un tas de choses trop choupicools collés dedans, une photo de votre lover boyfriend quarterback de l'équipe officielle, ainsi que des tas de livres de personnes trop intelligentes parce que oui, vous êtes une personne intelligente.
Vous aurez juste un sac, trop petit pour transporter un ordinateur, parce que oui, vous avez un ordinateur. Il fait exactement 25cm de long, c'est un netbook, il met autant de temps pour aller sur Internet que vous pour aller rendre visite à votre grande tante dans le Nebraska. Peu vous importe, vous n'utiliserez que Word parce que non, ne vous leurrez pas, vous n'aurez pas l'occasion de poster un statut dépressif sur Facebook entre deux mots scientifiques tordus, puisque non, l'amphithéâtre ne capte pas internet. Et votre magnifique ordinateur non plus.
Sachez également que tout le monde vous serez l'égérie des partisans du moindre effort et que lorsqu'on vous demandera avec un air dépité " tu peux m'envoyer tes cours par internet, mon hamster s'est empalé sur une fourchette belge je n'ai pas pu venir depuis le début du semestre lol ? " vous vous verez répondre, malgré votre volonté de refuser, un simple et faible " bien sûr, pas de soucis, passe moi ton adresse mail " et dans vos post-it, une nouvelle indication :
"Envoyez le cour à "pepette38love@hotmail.fr".
Au début vous aurez un agenda, vous écrirez toutes les choses importantes dessus, aka des choses administratives qui vous feront hurler de rire d'ici quelque temps. Plus tard, vous aurez simplement un ordinateur, un crayon, et peut-être, si vous ne l'avez pas oublié, votre carte d'étudiant. D'ici là, votre envie de suicide ayant augmenté d'environ 50%, vous penserez ainsi "à quoi bon noter cette fucking information, puisque ce soir, je risque de me tailler les veines avec un opinel rouillé ?".
Non, ce n'est pas la peine de vous rendre au secrétariat pour rassurer votre peur panique de l'inconnu et du doute, les secrétaires sont aussi ignorantes que vous et c'est uniquement parce qu'elles passent sous un bureau qu'elles sont là où elles sont.
Vous pourrez arriver avec un air de chien défait, un mercredi matin, après vous êtres levés à 6h pour un fucking cour de 4h qui commence à 8h15, parce que votre prof, que vous ne connaissez ni d’Ève ni d'Adam, n'est jamais venu, et cela depuis 3 semaines, et dire " Pourriez-vous nous indiquer son nom que nous puissions lui envoyer un mail ?" (c'est la version soutenue de la question). Vous pourrez. Mais on vous répondra, phrase favorite des suppôts de Satan que sont les secrétaires : " Ah ben euh, j'sais pas ". True Story.
En effet, comment savoir lorsqu'on commence à 9h, qu'on a le droit d'arriver jusqu'à 9h30 à cause d'une panne d'oreiller (ou d'un mari sadomasochiste dès l'aurore), et que l'on finit à 11h30, ne reprenant qu'à 14h pour finir à nouveau à 16h ?
Comment savoir lorsqu'on est fermés deux après-midi dans la semaine ?
On ne sait pas. C'est plus simple.
Comme moi, peut-être, vous serez profondément déçus de la filière que vous avez choisis. Comme moi, peut-être, vous vous abonnerez pour le mois au bureau de la conseillère d'orientation, et comme moi, peut-être, vous lui donnerez des palpitations tant votre stress transpire de tous les pores de votre peau.
Comme moi, peut-être, vous vous direz que la psychologie, finalement, c'est un milieu de désillusions et d'angoisse. Cette certitude deviendra réellement prenante quand votre professeur vous montrera une table devant vous et s'exclamera que celle-ci n'existe pas. Ou bien quand votre autre professeur, de biologie celui-ci, vous collera sur le dos un partiel à point négatif alors que votre cerveau pleure à la mort à l'idée de devoir retourner au scientifique tant il préfère le littéraire.
Vous passerez sans doute par un stade émo qui ne sera pas sans vous rappeler vos années collèges. Vous vous direz que la vie n'a pas de sens, que vous n'avez pas d'avenir, que les inscriptions anarchistes des toilettes de la bibliothèques disent vrai et que oui, vous aussi, vous préféreriez boucher les toilettes de la fac avec vos excréments plutôt que de vous perdre dans une spirale de doutes sans fin (ça aussi, c'est une True Story, c'était écrit sur le mur, par une fille, oui).
Vous penserez à postuler chez pôle emploi. Vous penserez même à travailler chez Macdo. Ou chez Quick.
Vous hésiterez à envoyer un mail à Nadine Morano pour lui demander son avis. Non, je plaisante.
En revanche vous consulterez milles forums où des gens tous plus dépressifs les uns que les autres avouent avoir fait 15 tentatives de suicide dès leur entrée à la fac. Vous vous achèterez donc une corde, un tabouret, et vous vous rendrez alors compte que celles-ci vous inspirent des douceurs artistiques profondément cachées en vous. Et là, vous saurez.
Et comme-moi peut-être, vous vous réorienterez.
(En Média, communication, et culture, pour l'info)
Les secrétaires jouent à une version noob de Age of Empire sur leur ordinateur entre deux "cafés" ? Vous n'en avez absolument plus rien à faire. Vous êtes entrés en phase d'acceptation.
La SNCF annonce 1 millénaire de retard pour votre train en direction de votre lit et votre frigo ? Vous n'avez plus envie de vous suicider, vous riez.
Un gros alcoolique vous colle dans le tramway? No way, ce sera une drôle d'anecdote pour votre mur Facebook après tout. Et puis vous êtes célibataire.
Votre nouvel emploi du temps vous fait terminer tous les soirs à 20h15 ? JOIE.
Bref, vous avez compris que quoique vous fassiez, vous y êtes, et quoiqu'il en soit, ça ne changera pas. Alors vous profitez de vos nouveaux amis, de votre soif d'apprendre, de cet environnement certes déconcertant mais pas plus mal que ça, de votre nouvelle liberté, de la bibliothèque et de ses millions de livres.
Et ça y est, cette fois vous faites de vrais cacas papillons.

























