dimanche 19 février 2012

La Faculté (de te rendre sociopathe)





Je sais. Beaucoup de temps a passé. Je n'ai évidemment aucune excuse (sinon une flémingitude aiguë foudroyante) 

Depuis que je n'ai pas posté ici, un tas de choses se sont passées. 

En effet, Nadine Morano a révélé au grand public qu'elle n'avait non pas, comme la majorité des êtres humains, un cerveau composé de neurones tout à fait viables, mais seulement un neurone, qui tout en ayant survécu à la disparition momentanée de ses congénères, présente une nette décomposition suivi d'une putréfaction avérée. Bien sûr, cette dernière me rétorquerait avec joie qu'elle, au moins, n'a pas le physique dégueulasse d'Eva Joly (quel paradoxe).

Mais évidemment ceci n'est pas très intéressant dans la mesure où je ne vais pas lancer un débat politique pour la simple et bonne raison que tout ce que je sais, dans ce domaine, c'est que je ne sais rien. Sauf que je n'aime pas Nadine Morano. En un sens, la question intéressante et lucrative serait de savoir qui l'aime. Posé dans ce sens, le problème devient enfantin.

Depuis que je n'ai pas posté ici, nous savons que Johnny Depp et Vanessa Paradis ont rompus. C'est un triste sort. Autant dire que je ne crois plus au proverbe "l'amour est aveugle" puisque Johnny semble avoir recouvré la vue. 

Nous savons également un tas d'autres choses, entre autre que Whitney Houston est désormais Whitney Houstoff (c'est une blague de mauvais goût, je vous le conçois). Je pourrais aussi vous dire que la citation d'Apollo 13 "Houston, on a un problème" prend tout son sens. 

BREF.

Je ne suis évidemment pas revenue pour vous parler des actualités de cette chère planète Terre. Les médias s'en chargent très bien sans moi, rassurons-nous.

Si je n'ai pas posté ici, c'est certes par pure mauvaise volonté de ma part, mais également pour un autre motif tout de même notable et intéressant à débattre :

Je suis étudiante.

Comme les 17 milles autres personnes de mon université, me dit-on dans l'oreillette.
Oui, certes.
Mais c'est mon blog, alright ? J'ai le droit de pleurnicher, pas vrai ?

Lycéenne fraîchement démoulée (cette expression me colle à la peau, vraiment), j'étais pleine d'utopies dignes d'un vrai film à l'américaine.

Exemple : " Woow, je me baladerais des livres sous les bras, pleine d'ambition, je ferais mienne toutes les associations universitaire sur l'art et l'épicurisme, je vivrais une romance avec un jeune homme mystérieux et tombé du ciel tel un ange du paradis, ou d'un prof qui me trouvera cent fois plus intelligente que les 400 autres jeunes filles de son amphithéâtre, et évidemment, je serais première de ma promo, parce que, de toute manière, ma vie c'est trop une tranche d'oréo, et que sans contrefaçon, je suis une princesse qui fait des cacas papillon ".
Pour vous résumé les grandes lignes. Approximativement.

A défaut de devenir l'égérie de toute une génération, j'ai vécu comme une magnifique trilogie à la Twilight, toute en -ion.


Non, l'université n'est pas un endroit orgiaque et extraordinaire comme se plaisent à nous le montrer ces amerloques en papier mâché. 


Non, vous n'aurez pas de casier comme dans les films avec un tas de choses trop choupicools collés dedans, une photo de votre lover boyfriend quarterback de l'équipe officielle, ainsi que des tas de livres de personnes trop intelligentes parce que oui, vous êtes une personne intelligente.

Vous aurez juste un sac, trop petit pour transporter un ordinateur, parce que oui, vous avez un ordinateur. Il fait exactement 25cm de long, c'est un netbook, il met autant de temps pour aller sur Internet que vous pour aller rendre visite à votre grande tante dans le Nebraska. Peu vous importe, vous n'utiliserez que Word parce que non, ne vous leurrez pas, vous n'aurez pas l'occasion de poster un statut dépressif sur Facebook entre deux mots scientifiques tordus, puisque non, l'amphithéâtre ne capte pas internet. Et votre magnifique ordinateur non plus. 

Sachez également que tout le monde vous serez l'égérie des partisans du moindre effort et que lorsqu'on vous demandera avec un air dépité " tu peux m'envoyer tes cours par internet, mon hamster s'est empalé sur une fourchette belge je n'ai pas pu venir depuis le début du semestre lol ? " vous vous verez répondre, malgré votre volonté de refuser, un simple et faible " bien sûr, pas de soucis, passe moi ton adresse mail " et dans vos post-it, une nouvelle indication :
"Envoyez le cour à "pepette38love@hotmail.fr".

Au début vous aurez un agenda, vous écrirez toutes les choses importantes dessus, aka des choses administratives qui vous feront hurler de rire d'ici quelque temps. Plus tard, vous aurez simplement un ordinateur, un crayon, et peut-être, si vous ne l'avez pas oublié, votre carte d'étudiant. D'ici là, votre envie de suicide ayant augmenté d'environ 50%, vous penserez ainsi "à quoi bon noter cette fucking information, puisque ce soir, je risque de me tailler les veines avec un opinel rouillé ?".

Non, ce n'est pas la peine de vous rendre au secrétariat pour rassurer votre peur panique de l'inconnu et du doute, les secrétaires sont aussi ignorantes que vous et c'est uniquement parce qu'elles passent sous un bureau qu'elles sont là où elles sont. 
Vous pourrez arriver avec un air de chien défait, un mercredi matin, après vous êtres levés à 6h pour  un fucking cour de 4h qui commence à 8h15, parce que votre prof, que vous ne connaissez ni d’Ève ni d'Adam, n'est jamais venu, et cela depuis 3 semaines, et dire " Pourriez-vous nous indiquer son nom que nous puissions lui envoyer un mail ?" (c'est la version soutenue de la question). Vous pourrez. Mais on vous répondra, phrase favorite des suppôts de Satan que sont les secrétaires : " Ah ben euh, j'sais pas ". True Story.

En effet, comment savoir lorsqu'on commence à 9h, qu'on a le droit d'arriver jusqu'à 9h30 à cause d'une panne d'oreiller (ou d'un mari sadomasochiste dès l'aurore), et que l'on finit à 11h30, ne reprenant qu'à 14h pour finir à nouveau à 16h ? 
Comment savoir lorsqu'on est fermés deux après-midi dans la semaine ?

On ne sait pas. C'est plus simple.
Comme moi, peut-être, vous serez profondément déçus de la filière que vous avez choisis. Comme moi, peut-être, vous vous abonnerez pour le mois au bureau de la conseillère d'orientation, et comme moi, peut-être, vous lui donnerez des palpitations tant votre stress transpire de tous les pores de votre peau. 

Comme moi, peut-être, vous vous direz que la psychologie, finalement, c'est un milieu de désillusions et d'angoisse. Cette certitude deviendra réellement prenante quand votre professeur vous montrera une table devant vous et s'exclamera que celle-ci n'existe pas. Ou bien quand votre autre professeur, de biologie celui-ci, vous collera sur le dos un partiel à point négatif alors que votre cerveau pleure à la mort à l'idée de devoir retourner au scientifique tant il préfère le littéraire.

Vous passerez sans doute par un stade émo qui ne sera pas sans vous rappeler vos années collèges. Vous vous direz que la vie n'a pas de sens, que vous n'avez pas d'avenir, que les inscriptions anarchistes des toilettes de la bibliothèques disent vrai et que oui, vous aussi, vous préféreriez boucher les toilettes de la fac avec vos excréments plutôt que de vous perdre dans une spirale de doutes sans fin (ça aussi, c'est une True Story, c'était écrit sur le mur, par une fille, oui). 
Vous penserez à postuler chez pôle emploi. Vous penserez même à travailler chez Macdo. Ou chez Quick. 

Vous hésiterez à envoyer un mail à Nadine Morano pour lui demander son avis. Non, je plaisante.
En revanche vous consulterez milles forums où des gens tous plus dépressifs les uns que les autres avouent avoir fait 15 tentatives de suicide dès leur entrée à la fac. Vous vous achèterez donc une corde, un tabouret, et vous vous rendrez alors compte que celles-ci vous inspirent des douceurs artistiques profondément cachées en vous. Et là, vous saurez.

Et comme-moi peut-être, vous vous réorienterez.
(En Média, communication, et culture, pour l'info)

Les secrétaires jouent à une version noob de Age of Empire sur leur ordinateur entre deux "cafés" ? Vous n'en avez absolument plus rien à faire. Vous êtes entrés en phase d'acceptation.

La SNCF annonce 1 millénaire de retard pour votre train en direction de votre lit et votre frigo ? Vous n'avez plus envie de vous suicider, vous riez.

Un gros alcoolique vous colle dans le tramway? No way, ce sera une drôle d'anecdote pour votre mur Facebook après tout. Et puis vous êtes célibataire.

Votre nouvel emploi du temps vous fait terminer tous les soirs à 20h15 ? JOIE.

Bref, vous avez compris que quoique vous fassiez, vous y êtes, et quoiqu'il en soit, ça ne changera pas. Alors vous profitez de vos nouveaux amis, de votre soif d'apprendre, de cet environnement certes déconcertant mais pas plus mal que ça, de votre nouvelle liberté, de la bibliothèque et de ses millions de livres. 

Et ça y est, cette fois vous faites de vrais cacas papillons. 













mercredi 7 septembre 2011

Lectures Estivales (la glande, quoi) !


Avant tout, je tiens à m'excuser de cette légère absence. Je ne vous apprend rien concernant le fonctionnement administratif de la FAC (plus communément nommée "Fock" ou Université), qui est, somme toute, une absence de fonctionnement. Autant dire, un bordel intergalactique. De ce fait, je n'ai pas pu écrire ici et penser à autre chose que tout ce foutoir dans lequel je m'aventure tête baissée. Nous reparlerons de ça dans quelques temps, quand je serais inscrite à Pôle Emploi.

Non en réalité je suis là pour parler de mes lectures d'été. Oui, il m'arrive de lire autre chose qu'Amélie Nothomb, que Dieu m'en garde, je ne suis pas monogame concernant la littérature (et seulement celle-ci, un peu de tenue, je vous prie!). En fait, cet été, j'ai lu principalement des livres que l'on m'avait offert, et je dois dire que, majoritairement, ma famille et mes amis sont des bêtes de choix. C'est pourquoi je vais faire un rapide débriefing (j'adore ce mot, oui, il me fait me sentir puissante et so english) ! Allons-y (mon kiki). 

First book : Instinct, de Vincent Villeminot.

" Réveillez l'animal qui dort en vous...
Lorsque la Ford paternelle quitte la route inexplicablement, Tim a dix-sept ans. Il perd dans l'accident ses parents et son frère Ben. Mais de cette effroyable nuit, le garçon ne garde qu'un souvenir, troublant : quand il a repris conscience, il était un grizzly...
Que s'est-il passé ? Le choc a-t-il provoqué un accès de folie chez Tim ?
Ce n'est pas l'avis du Pr McIntyre. Selon lui, l'adolescent est effectivement devenu un ours, pendant plusieurs heures, tout comme des centaines d'êtres humains se transforment chaque année en animal. Sceptique, Tim rejoint pourtant une cinquantaine d'autres initiés à l'Institut de Lycanthropie. Il ne sait plus que penser : cette métamorphose a-t-elle vraiment eu lieu ? Est-il responsable, malgré lui, de la mort des siens ?
Aux yeux du Pr McIntyre, une seule chose est certaine : la métamorphose de Tim va se reproduire. Bientôt. "


Quand j'ai reçu ce livre en cadeau, je dois dire que j'étais très excitée à l'idée de le lire. Je m'attendais à un trépident thriller fantastique avoisinant de près la folie et les délires, porté par une écriture haletante comme l'on en découvre beaucoup dans ce registre ci. Cependant, je ne peux pas cacher avoir été un brin déçue, déception comprise quand je me suis rendue compte que ce livre était réservé à un jeune public. En effet, si l'histoire est toute de même prenante et bien ficelée, je ne peux pas dire y avoir été happée. J'ai lu ce livre, sans buter, mais sans m'en passionner, et l'impression qui en ressort s'y reflète : mi figue-mi raisin. Les personnages sont quelque peu caricaturés et j'ai eu du mal à leur trouver une réelle profondeur, un intérêt psychologique quelconque. De plus, l'écriture n'a pas réussie à me faire oublier cette gêne concernant la forme, étant donnée qu'elle était adaptée à un jeune public, et donc assez simpliste. Je conseille ce livre pour les adolescents, mais concernant les thrillers fascinant, j'orienterais plutôt les autres vers le prochain livre que je m'apprête à vous présenter.

Second book : Gataca, de Franck Thilliez



« L'Évolution est une exception. La règle, c'est l'Extinction.

Une jeune scientifique spécialiste de l'évolution des espèces, retrouvée morte, attaquée par un primate. Onze hommes derrière les barreaux. Leurs points communs : tous ont commis des crimes barbares et tous sont... gauchers. Enfin, la découverte d une famille de Néandertaliens assassinée par un Cro-Magnon. Quel est le rapport entre ces affaires et des crimes éloignés de 30 000 ans ? La clé est dans ces quelques lettres : GATACA... »



A l'inverse du précédent, ce livre m'inspirait mais sans aller jusqu'à me rendre impatiente de le lire. Et pourtant ... Quel délice! J'ai toujours entendu du bien de Franck Thilliez, reconnu maître du thriller français, mais je n'avais jamais eu l'occasion de le lire. Maintenant que je me proclame admiratrice de ce-dernier, je vous recommande chaudement cet auteur! Gataca est une merveille faisant place à la fois à la psychologie, à la science, mais surtout à l'évolution, sujet qui devient absolument passionnant sous la plume de Franck. Ce livre est à l'origine le dernier volet d'un diptyque sur les racines de la violence (le premier volet étant le Syndrome E, que je n'ai pas eu le plaisir de dévorer pour le moment). Cette ambitieuse quête de tisser autour de la violence une histoire à la fois tangible et absorbante est entièrement réussie dans ce thriller. Les personnages, Lucie Hennebelle et Franck Sharko, sont des êtres de papiers finis à la perfection, aux contours finement dessinés et dont l'histoire tragique et difficile nous touche et nous prend à gorge. On sent l'amour de l'auteur pour ses personnages, chose qui est magnifique quand elle est perceptible (et je peux vous garantir qu'on aime ses personnages comme ses propres enfants, avec les problèmes qu'ils nous posent mais le bonheur qu'ils nous procurent). En bref, vous ne pouvez pas manquer ce roman, autant pour le suspens qu'il vous délivre et ce jusqu'à la dernière page que pour l'écriture fine et saisissante de l'auteur. Le fond et la forme s'épousent à merveille et le récit en devient une vraie réussite. Coup de cœur thriller de l'année, je dirais même, me concernant! Foncez! 

Third book : L'égoïste romantique, de Frédéric Beigbeder.



 « Cette histoire débute en l'an 2000. Oscar Dufresne a 34 ans. C'est un écrivain fictif, comme il y a des malades imaginaires. Il tient son journal dans la presse pour que sa vie devienne passionnante. Il est égoïste, lâche, cynique et obsédé sexuel- bref c'est un homme comme les autres ». Ainsi l'auteur définit-il son livre, roman-journal et chronique des People : « Il faudrait inventer pour le délire dufresnien, en hommage à Malraux, la dénomination d'antijournal. C'est un miroir déformant que je promène le long de mon nombril ».



Aaaah, mon bon vieux Beig', cet homme plein de surprise et de sex-appeal ♥ (oui, je suis amoureuse, et alors?). Bon, soyons réaliste : ce livre est loin d'être son meilleur. La spécialité de Frédéric Beigbeder, c'est la provocation, le style tranchant dans lequel il s'enfermer pour énoncer des vérités, souvent dures à entendre, avec toute la liberté qu'il s'autorise. Avec facilité même, disons-le. Facilité qui devient une vraie marque de fabrique et dans laquelle l'on retrouve pourtant une certaine audace, celle de ne pas se cacher derrière les mots. Cependant, ce livre, journal très intime, m'a laissée sur ma faim car je n'y ai pas retrouvée toutes ces maximes réaliste et fracassante propre à l'auteur mais que j'y ai surtout vu un milieu de débauche et de sexe. J'apprécie cette petite touche de décadence dans les romans de Beigbeder, mais à petite dose, et parsemée d'intelligence, chose qui je trouve, manque parfois à ce roman, qui met intégralement à nue les travers du personnage (et donc de l'auteur). Je ne cesse par ailleurs de me fasciner pour cet homme, à qui l'expression "égoïste romantique" colle à merveille. Qui est-il réellement ? Un salopard obsédé, amoureux de l'amour et éperdue de beauté ? Une guimauve qui fond sous la langue mais qui vous donnerais la gastro des jours durant ? C'est presque ça. Un paradoxe qui cache une certaine sensibilité, une dualité assez intéressante dans laquelle on se prend facilement. Au final, on aime Oscar, on aime Frédéric, on aime l'Octave de 99F, pour la seule et bonne raison qu'il est humain, et qu'il n'a pas peur de mettre ses tripes sur la table, quitte à ce qu'on le trouve répugnant. C'est une sincérité littéraire que certain trouveront facile, mais qui à mon sens, est une réelle preuve de courage. Par ailleurs, si vous voulez débuter avec Frédéric Beigbeder, je vous conseille l'incontournable 99F, et sa suite, Au secours pardon.

Fourth book : Mensonges sur le divan, de Irvin Yalom.

  


« Psychanalyste reconnu, Ernest Lash est en proie au doute: en se montrant plus proche de ses patients ne parviendrait-il pas à de meilleurs résultats? Quand Carol Leftman, brillante et séduisante avocate, entre dans son cabinet, il met en pratique sa nouvelle théorie. Mauvaise pioche: Carol, convaincue que son mari l'a quittée sur les conseils dudit psychanalyste a décidé de le piéger...»





A partir du moment où on me l'a remis, ce livre m'a enchantée. Des amis, conscient de ma prédestination pour la psychologie, ont jugé bon de m'y imprégner avant l'heure, et quelle idée! Il est indéniable que l'auteur connaît son sujet, et ce livre constitue à la fois une fiction captivante et un documentaire réaliste. Le milieu de la psychanalyse y est dépeint avec justesse et expérience tandis que les personnages fictifs sont aussi très concret, ce qui offre un résultat surprenant! Le style de l'auteur est un brin dans la dérision mais surtout très fin et agréable, et il est vrai, comme le dit David Lodge sur la première de couverture, que l'on s'amuse beaucoup. J'aurais juste une réserve à émettre concernant la résumé du livre : On pourrait s'attendre à un récit centré sur Carol et Ernest, mais il n'en est rien. Celui-ci est divisé en plusieurs parties, s'attardant sur plusieurs personnages finalement tous liés d'une manière ou d'une autre. Je vous conseille donc de ne pas espérer seulement ce que prédit la quatrième de couverture, sinon vous risquez une légère déception. Je suis restée sur ma faim concernant les deux personnages annoncés, à cause justement de ce résumé castrateur, et je dois dire que la fin, bien que "malicieuse" donne envie de lire une suite. Qui sait? En attendant, ce roman était un bon divertissement tout autant qu'il délivre des choses fascinantes sur le milieu de la psychologie. A lire! 


Voilà, c'est tout, pour le moment (Secret Story, wouaaaaaiiiiis).
En fait, j'ai pas énormement lu cet été, moins que l'an dernier (si on vous demande pourquoi, vous répondre que le BAC m'a perturbée, d'accord?).
Je vous laisse à vos oilles, et je vais finir ma lecture en cours (ou regarder Dexter, au choix...)

Bonus spécial "Je-suis-nouvelle-à-la-FAC-et-tout-ceci-me-perturbe" :




Oui, à la fac, nous ne sommes pas en Septembre, mais visiblement en SETEMBREBRE. Cotorep, ou bien?



lundi 29 août 2011

Colonel Raie-yel. Laisse-le être "Celui" qui chieras sur ta vie.


Aujourd'hui, j'ai peur. Quelque chose de terrible m'a frappé (non, ce n'est pas mon proxénète, je vous rassure, il est resté sage aujourd'hui). Alors que je me rendais à cet endroit fabuleux ou croupissent les culs blancs de tous les touristes du globe terrestre - à savoir, la plage, ou la mer, selon votre vision de la chose -, j'ai eu l'idée saugrenue d'allumer la radio. La fougue estivale, sans doute, ou peut-être le vent caressant ma douce crinière, je ne saurais vous dire. Toujours est-il que je l'ai fais, et que depuis, j'ai peur. Bien sûr, un homo sapiens typique ne me demanderait pas de quoi j'ai eu si peur puisque les causes peuvent être multiples à la radio. On peut parler des émissions cul-turelles (le tiret n'est pas un effet mais une réelle intention de porter votre attention sur le caractère sexuel et pervers de ces émissions, oui, et je sais, une blague expliquée n'est plus une blague, mais je vous salue, d'accord?), de la stupidité ambiante et coutumière des auditeurs, ou encore des publicités abrutissantes. Pourtant, cet homo sapiens aurait tort de ne pas me questionner sur le propos, étant donné que ma peur découle d'une raison précise et non d'un tout (ça change franchement la donne, je vous le jure). Laissez-moi vous expliquer.

Si vous avez une radio, une sœur en crise d'adolescence, un frère homosexuel, un copain attardé, une mère aliénée ou bien une besta et une sista, vous devez forcément connaître le célèbre ... Colonel Raie-yel ! Clairement parce que ses chansons sentent le rectum, oui. Et bien, c'est à cause de lui que j'ai peur... (Non, je vous arrête tout de suite, ce n'est pas son faciès qui me rend toute chose, biens qu'il y aurait de quoi j'ai su dépasser cette propension purement féminine à critiquer le laid à tout va. C'est pire que ça). Reprenons. J'ai donc allumé ma radio et soudain s'est mis à retentir une de ces chansons absolument pas commerciales et tout à fait kiffante que nous appelons "honte de l'humanité" ou plus communément "grosse merde". Cette chanson s'appelle "Dis-moi oui". On pourrait penser que c'est une romantique demande en mariage tout à fait catholique où les époux sont vierges et connaissent par cœur leurs vœux, maiiiis ... Non. En réalité c'est ENCORE une de ces chansons où les garçons (ce terme me semble trop humain) se frottent gentiment à des nanas en chaleur dont le hobby est de se balader à moitié à poil en repoussant les hardeurs des mecs qu'elles ont pourtant précédemment allumés. A notre époque, on appelle ça des péripatéticiennes, eux appellent ça des filles "trop sexys et intouchables". C'est vrai, la différence est notable. Enfin, toujours est-il que ces clips deviennent de vrais clichés interplanétaire. Pas étonnant que les personnes comme moi, qui n'ont jamais fréquenté de boites au demeurant, trouvent cet acte totalement fou. Genre "oh mon dieu le taux de filles bonnes est absolument délirant ce soir, je ne pense plus qu'avec mon pénis c'est extraordinaire". En version féminine ça donnerait "oh mon dieu il n'existe aucun autre cliché sur moi que la prostitué faussement prude, que vais-je devenir si je suis politiquement correcte dans un tel milieu ?". Ça se résume à ça, oui. Si j'ai eu peur (et cette angoisse ne me quitte plus), c'est à cause précisément de paroles qui m'ont fait me rendre compte du problème auquel nous risquions d'être confrontés, nous, futurs parents. (Si des mamans lisent ce blog, je les félicite d'avoir réussi à élever leurs enfants malgré ça ... Si ce n'est pas le cas, le frigidaire reste une option abordable et pratique). Je m'explique, mais d'abord, je cite.


"3 milliards de filles et c'est toi que j'ai choisis, tu me rends fous, ta chambre à coucher deviendra mon asile"

...
...
...
...
Ta.chambre.à.coucher.deviendra.mon.asile.
Oui.
Vous avez bien lu.
Non, ce n'est pas une blague.
Quoique je commence à me dire que la naissance même de ce type est une blague.

« J'ai DEUX neurones »

Tout d'abord, je ferais un rapide commentaire. Les habitants de la planète terre vues par Colonel Reyel : la moitié sont des filles, le reste, on le suppose, des garçons. J'imagine le jeune-homme penché sur sa calculatrice, essayant en vain de calculer la moitié de 6 milliards pour déduire une telle chose totalement fondatrice pour la science.
J'ajouterais que oui, il est normal, en temps réel, si l'on est un minimum réglo, de ne choisir qu'une fille. Dans le cas contraire, on est soit un islamiste, soit un polygame, soit un type qui joue dans Big Love (ce qui au fond pourrait constituer la même personne, soyons clairs). On en déduira que ce choix crucial est un réel dilemme pour Colonel étant donné son partage constant entre la fille de "Celui", celle de "Toutes les nuits" ou encore "Aurélie", la jeune fille qu'il a mis en cloque dans la clio (oui, on aura compris que ceci est autobiographique, quoi d'autre sinon?).
Penchons-nous désormais sur le pourquoi du comment de cet article, à savoir cette métaphore extraordinaire "Tu me rends fou, ta chambre à coucher deviendra mon asile".
Première réaction : Ce type est un obsédé sexuel.
Deuxième réaction : La fille ne l'intéresse que dans le but lucratif de la sauter dans sa piaule. Il y a une progression dans la psychologie de Colonel : il a enfin compris que l'arrière d'une voiture n'est potentiellement pas fait pour engrosser une gamine de 16 ans. Le lit, c'est mieux.
Troisième réaction : La scarification se démode, désormais il y a l'autodestruction musicale.
Quatrième réaction : Que va-t-il se passer si un enfant entend-ça ?

Oui, je vous dis ceci parce que ma sœur adore ce type. Oui, j'ai raté son éducation. Ne me blâmez pas, j'aurais essayé, mais je crois qu'elle est perdue à tout jamais.
Heureusement, je ne suis pas sa mère, je n'ai donc aucune culpabilité fondatrice aka "mon enfant est finit à la pisse pour écouter une telle chose". Mais je me demande ce qui arriverait si c'était le cas, et c'est clairement là, que j'ai peur.
Qu'on soit né en 1960, 1990 ou aujourd'hui, il est clair qu'on est bercé par la musique. Les parents foutent toujours des CD dans l'auto radio pour rendre les trajets ponctués de "on arrive quaaaand" moins long (et aussi pour éviter l'option frigidaire citée plus haut). C'est ainsi que je connais les albums de Mylène Farmer par cœur, oui. C'est aussi à cause de ça que je prend toujours une salade farmer au Mac-do (non, c'est une blague). Mais s'il n'y avait que ça ...
Il y a bien sûr désormais MTV, que je regardais déjà à un jeune age, et les clips fantastiques qu'on peut y découvrir. Mais à cet époque, les daubes se résumait à Lorie et Larusso. Or à part délivrer un message de paix embaumé d'un optimisme flinguant, ces deux jeunes femmes ne font rien de mal. Au pire, j'aurais gardé toute ma vie un amour frappant pour "ma meilleure amie" et j'aurais toujours "besoin d'amour" ainsi que j'aurais compris "qu'à 20 ans, rien n'est impossible" tout en sachant que je "préfère rester toute seule". Ce n'est potentiellement pas grave (de toute manière, on s'en fout, c'est bientôt "le weeeek end").

Désormais, les enfants sont confrontés aux caïds de la bande à Lorie et Larusso. A vrai dire, elles ne sont plus que le dernier maillon de la chaine alimentaire et se sont fait gentiment bouffer (je ne vous demande pas quoi) par Colonel et autres Mister You. Et si les enfants appréhendent la vie avec pour exemple ces musiques, je ne vous demande même pas que pourrait-il se passer ... Si, en réalité, je vous le demande. Mais je crois avoir un brin de réponse à apporter à cela : Ce serait l'apocalypse. Non mais sincèrement, j'ai réellement peur de ne pas arriver à inculquer à mes futurs enfants l'amour de la littérature et de la BONNE musique. Imaginez l'angoisse ... Quand nos parents nous disent " ça, c'est de la bonne musique fiston ", ils nous parlent de groupes certes démodés mais qui ne divulguent aucune horreur sur une manière de vivre absolument dénuée d'intelligence et décadente. Qu'est ce qu'on serait censés leurs dires, nous ? Que Colonel Reyel est une perle musicale comme on en voit plus ? Non quoi. Je dis non. Si on fait un mashup des paroles actuelles, le discours raisonnable de nos gosses donnerait ça :

Version féminine : " Je préfère la luxure au luxe, je n'aime pas les sentiments je préfère ta posture, et puis, why don't we just fuck ? J'ai apporté mes accessoires. Secoue-moi encore une fois! "

Version masculine : " Sexy Bitch, tu me fais déliréééhéhéhéhéhé, ta chambre à coucher deviendra mon asile, and i don't mean to be rude but ... tonight i'm fucking you! "


Bravo les gars.
Les groupes d'obsédés sexuels anonymes vont croupir sous les demandes.
J'attire votre attention de plus sur les commentaires porteurs d'espoirs de la musique "Luxurolux", qui est, soyons-clair, une pure incitation à la déchéance sexuelle. Je dirais même que nos filles ou futures filles se sentiront obligées d'avoir un job à mi-temps prostituée pour avoir de vrais sujets de discussions avec leurs copines, toutes déjà converties. ("Alors Isa, t'as fais quoi aujourd'hui?" / "J'ai lu "Les fleurs du mal" de Baudelaire, ces poèmes sont de vraies merveilles" / " Au lieu de le lire, t'aurais pu lui faire une fellation à ce type, c'est qui d'ailleurs "Boisdelair " ? Ca a un rapport avec les bois de Vincennes ?")




Ca, c'est la chanson. Et ça, se sont les "jeunes adolescents" j'ose imaginer, qui commentent :

A ce stade là, Zahia deviendra présidente en 2033. Et on se servira des livres de Baudelaire comme sopalin pour les masturbations masculines compulsives du gouvernement, constitués de Colonel Reyel, Mister You, Senna, et Orelsan. (Sinon, l'image est en gras pour souligner la lourdeur du posteur, oui).


Bon, c'est pas tout, mais j'ai mes livres à aller planquer en lieu sûr et mes trompes à ligaturer.
Amis de la France, je vous souhaite du courage et je vous abandonne sur un si beau message d'espoir.
(Si je n'avais pas peur des représailles, j'invoquerais presque le fantôme d'Hitler pour faire un génocide consciencieux sur une race particulière de notre époque... Mais non)

jeudi 18 août 2011

Tuer le Père(-Noël)



J'avais annoncé la venue d'un article coup de cœur. Je n'ai évidemment pas mentit (c'est un péché, qui oserait?).
Je ne suis pas exclusivement quelqu'un de révolté qui s'égosille de droite et de gauche contre toutes les petites choses critiquables de ce bas-monde. Ce serait bien triste de n'avoir de l'esprit critique que le négatif, de ne conserver en soi que le dégoût et le rejet. Bien heureusement, ce n'est pas le cas. Je ne considère pas une vie sans art comme une vie accomplie et je pense, peut être à tort me direz-vous, que l'épanouissement personnel s'effectue majoritairement par l'art, dans sa dimension la plus large. La finesse qu'il nous propose est un plat de fin gourmet à mon sens, et se refuser à lui serait une injure à la vie. C'est certes radical, comme opinion, mais je vois les choses de cette manière.

Aujourd'hui j'ai envie de vous parler du nouveau roman d'Amélie Nothomb. Parce que beaucoup de personnes crient à la déception, au dégoût, et j'en passe. Je pense que ces 150 pages méritent tout de même un regard attentif et soigné. Je vais tenter de m'y atteler! En avant, moussaillon!

Avant de commencer, je vais vous faire part d'une de ces précieuses minutes 36-15-ma-vie : En effet, si je décide de traiter ici, aujourd'hui, le roman d'Amélie Nothomb, c'est majoritairement parce qu'elle est mon auteur favori, toutes catégories confondues. Je l'ai découverte il y a de ça trois ans, en m'aventurant au hasard à sa séance dédicace, ayant seulement lu Cosmétique de L'ennemi le matin même, entre deux trajets en bus. J'ai ainsi rencontré une femme généreuse, aimante et pétillante qui m'a donnée envie d'aller plus loin. J'ai donc dévoré ses livres telle une boulimique en crise, me laissant tout de même un peu de marge pour ne pas rester sur ma faim. Ce qui devait arriver arriva : je fais désormais partie de la catégorie désespérée des gens qui attendent le nouvel Amélie Nothomb comme des éthiopiens assoiffés (pardon, c'est méchant).
En général, on est soit absolument fou dingue d'Amélie Nothomb et de ses romans, à en devenir totalement obsédé par le mystère qui les entourent, soit on déteste catégoriquement tout ce qu'elle fait, en criant haut et fort qu'elle est une honte pour la littérature française et que ce qu'elle fait ne "sert à rien". C'est dur. Vous devinez aisément où je me place. Je suis très intéressée autant par la personne que par l’œuvre et je vois en Amélie Nothomb non pas une fantaisie commerciale mais une personne terriblement humaine et touchante. Il y a des droitiers, il y a des gauchers : il y a des fans absolus d'Amélie Nothomb et des gens qui la détestent au plus haut point. Triste vérité. Pour la petite information toute cramoisie : mon top 3 d'Amélie Nothomb se résume à : Le sabotage amoureux, Mercure, Métaphysique des Tubes (et encore, je suis sacrément tiraillée). Fin de la précieuse minute 36-15-ma-vie.


Reprenons donc où il est essentiel de reprendre (phrase rhétorique alias "ce que je vais dire prochainement est le clou de l'intrigue, ne décollez pas votre cul de la chaise, s'il vous plaît, pour rester poli".)
Tuer le Père est un court roman qui nous narre (c'est très laid comme juxtaposition de mots, je sais, mais ça me fait rire) l'histoire de Joe, jeune magicien prodige, que sa mère se voit contrainte (ou pas) de mettre dehors et qui finit par se réfugier chez son futur maître de la magie, le talentueux et célèbre Norman Terrence, et sa compagne Christina. De cette rencontre va découler les maux de Joe, qui, adolescent, connaîtra l'amour, la haine, et le fabuleux festival de Burning-Man. Nous, lecteur, suivons donc le parcours de ce jeune garçon magicien plein d'ambition mais aussi de travers. Je ne vous en dis pas plus, sinon je vous sape l'intrigue, ce qui serait vraiment salop. (Quoique je vais être un peu obligée de le faire pour donner mon avis, me direz-vous)




Je ne peux pas dire avoir absolument adoré ce roman. Ce serait mentir, et ce serait aussi faire un amalgame assez déplaisant qui serait d'associer la figure emblématique d'Amélie Nothomb au chef d'oeuvre constant. C'est parce que je lui voue une grande admiration que je lui dois la sincérité, ce qui n'est ni une fatalité ni un drame en soi. J'aimerais m'éloigner au mieux des avis que j'ai pu lire avant de commencer le roman, chose qui fut une grossière erreur de ma part. Lorsque j'ai fermé ce livre, je me suis demandé - et je me le redemande maintenant : Pourquoi ce livre ne m'a-t-il pas autant plu que les précédents ? Je vais tenter d'y apporter une réponse entière et plausible.

Tout d'abord, Amélie Nothomb nous a souvent, voire de coutume, habitués à des histoires hors du commun, défiant l'imagination et nous emmenant sur des sentiers surprenants. On se laissait porter sans savoir où l'on allait, vers quoi l'on se dirigeait, et je me suis souvent surprise à penser "mais où trouve-t-elle toutes ces idées incroyables? ". Dans ce roman, la trame est quelque peu simple et l'histoire réaliste, ce qui est assez déroutant. De plus, l'écriture en début de roman, est assez tranchante, ce qui nous éloigne assez également des métaphores affriolantes de cette chère Amélie. Le discours est clair et sans suspension. C'est par la suite que les marques spéciales de la dame reviendront en force et c'est ainsi que le plaisir sera crescendo, n'atteignant cependant pas son paroxysme je dois l'avouer.
Je me suis alors posée la question de savoir ce que j'aurais pensé d'un tel roman sans l'inclure dans le cercle prestigieux des autres œuvres d'Amélie, en oubliant qu'elle en était l'auteur. J'ai donc décrété que ce roman était un bon roman, mais pas un excellent Amélie Nothomb (oui, c'est devenue une manie d’appeler les œuvres d'un auteur par son nom, ce qui nous démontre assez bien la relation ténue entre lui et son livre). Partant de là, je peux l'analyser comme tel, comme un livre à part entière et non comme le frère des vingts autres merveilleux enfants déclaré de madame Nothomb.

Si ce livre touche moins, c'est à mon sens, pour sa subtilité. Tout d'abord, le titre, " Tuer le Père", est une terme psychanalytique et n'est pas à interpréter par son sens premier. Ici, il s'agit de se séparer des attentes d'un père, de l'image symbolique qu'il impose sur nous, de toute sa grandeur paternelle qui parfois, empêche de grandir. Il faut donc tuer le père, symboliquement, pour naître à nouveau et construire sur de bases nouvelles. Il peut aussi être décomposé en "Tu es le père". N'est-ce-pas la phrase que cherche à prononcer Joe ? Trouver son père, celui qu'il n'a jamais eu, puis, pouvoir le tuer, à son tour ? Il semblerait qu'il y parvienne. Mais pas comme l'on pourrait le croire.
Le personnage de Joe est avant tout un joueur, comme nous le rappelle la phrase de la quatrième de couverture. Amélie s'est, à mon sens, moins étendue sur l'intériorité de son personnage que d'habitude, mais les affres de l'amour qui l'enferme ont particulièrement retenus mon attention. En effet, c'est lorsque Joe aime éperdument que l'on rentre un peu plus en lui.
« Dès la première étincelle, il vécut dans l'attente - dans l'attente d'il ne savait quoi, ou plutôt de ce qu'il savait très bien -, et qui devrait forcément se produire, car sinon, rien n'avait de sens. Les sages affirment que rien n'a de sens. Les amoureux possèdent une sagesse plus profonde que les sages. Qui aime ne doute pas un instant du sens des choses »
Cet amour infini est un thème fréquent dans ses romans et je le trouve toujours traité avec une certaine volupté, une dévoration intérieure très bien traduite. Dans Sabotage amoureux, par exemple, accompagné de la puissante image de la neige,ou encore Attentat, où l'on sent toujours la sexualité poindre en deçà, mais où les sentiments les plus purs sont souvent le maître mot. Un vertige qu'Amélie sait fixer à merveille, pour reprendre Rimbaud.
Et pourtant, c'est dans la relation père/fils que Joe se développe le plus, affirmant une certaine envie de suprématie et de domination. L'on sent à travers lui le besoin de tuer ce père, d'aller au delà de tout ce qu'il lui a offert. Pourtant, c'est la fin qui nous laissera penser que ce roman est bien signé de la griffe d'Amélie. Celle-ci nous offre un retournement de situation digne de Cosmétique de l'ennemi où tous les liens se mélangent et où la magie prend tout son sens : Joe est un magicien, il déforme la réalité, comme l'écrivain qui nous entraîne où il veut et nous trompe pour mieux nous ravir.
Si ce livre ne m'a pas intégralement plut, je trouve toujours une subtilité quelconque à aimer dans ce que nous offre Amélie Nothomb. Une réflexion sur la magie et la triche, la description d'un amour gourmand ou encore les relations conflictuelles d'un père et de son fils, ou d'un jeune homme qui cherche son père, une certaine mise en parallèle entre le joueur et l'écrivain, ou encore la fin renversante sont des petites choses qui font que je ne dénigrerai pas ce roman, mais que je le reléguerais au rang de petit plaisir.
Je pense avoir moins apprécié de livre peut-être parce qu'il semble moins d'haleine que les autres, et que la comparaison est souvent inévitable dans de tels cas. Le sujet est peut-être aussi plus complexe et dérangeant, tout en étant relativement simple si l'on ne le creuse pas lui, et ses subtilités. Si Amélie a publié ce livre, je lui fais entièrement confiance, et je pense pouvoir dire que l'on écrit pour soi avant toute chose, il est donc primordial de s'accorder à soi-même pour vivre au mieux la passion d'écriture. Quitte à parfois ne plus faire l'unanimité. Pour ma part, l'impression dominante reste la perplexité. Vivement août 2012 !

Citations :

« Quant au danseur de feu, c'est le fou absolu : c'est un jongleur de feu qui fait de sa technique un acte total, non pas seulement accomplir des prodiges avec ses bras, mais incarner le miracle de la tête aux pieds. » (je dois dire que j'ai beaucoup aimé les citations sur le feu, c'est un élément assez complexe et qui illustre tant de choses avec force aussi.)

« Il y a une logique profonde à associer ces deux dieux, la danse et le feu. Regarder de grands danseurs provoque le même émoi que regarder une bûche enflammée : le feu danse, le danseur brûle. C'est le même mouvement; aussi hirsute qu'harmonieux. C'est le combat sans vainqueur entre Dionysos et Apollon, l'alternance continuelle du danger et de la maîtrise, de la folie et de l'intelligence, du désir et de la plénitude. »

« Elle alla chercher la frustration accumulée dans les muscles de son amant, et de ce plomb, elle fit de l'or »

BONUS (qui n'en est finalement pas un, ok) :




Non, je vous rassure, je n'ai pas encore lapidé mon daddy chéri.









vendredi 5 août 2011

Plus belle l'angoisse!

Plus belle la vie critique série
Plus belle l'angoisse ...



Plus belle sera ma vie quand j'aurais enfin réussi à torcher cette série dont vous avez largement deviné l'identité étant donné les messages subliminaux placés au début de cette phrase (et dans le titre) qui devient sacrément longue et éprouvante à lire, je vous le conçois.

... (Ce sont vos 3 secondes de reprise de souffle, soyez reconnaissants)



J'aurais quand même sacrément honte de commencer ma taillade en fourbe sans vous révéler ma folie furieuse passée à propos de cette série. En effet, quand l'adolescence vint me chatouiller le nez et m'offrir la consécration de 13 années de vie loyale et dûment méritées, elle ne manqua pas d'apporter avec elle son lourd fardeau de honte-en-devenir. Je fus ainsi fane de Plus Belle la vie durant deux longues années d'hystérie, solitaire ou collective, dans le silence ou les cris. (Je tiens à préciser pour ma défense rhétorique que j'écoute une bande instrumentale épique qui me fait hautement ressentir mes pouvoirs divins et donc écrire comme une hypokhâgne pompeuse qui vient d'avoir dix-neuf sur vingt à son examen coefficient 55.6).
Pour parler plus salement, disons que j'étais une jeune boutonneuse qui kiffait sa race devant Rudy, Lucas, Ni(oui ni)non, Johanna et compagnie. C'était la belle époque ou un rien m'enchantait, ou le moindre rebond scénaristique me rendait toute chose. Oui, c'est ça, vous avez deviné ... J'étais une imbécile heureuse. Mais comme la vie est une catin à frange, et que l'on a rien sans rien, je traîne désormais un lourd passé, dont la rédemption semble la seule issue. C'est ainsi que je vais essuyer mes crimes télévisuels, sur ce blog.

Je vous fait un topo (ce mot est affreux, ça fait comme poto en verlan, ça me sidère) rapidement : Un quartier du sud, une quinzaine d’empaffés qui gesticulent, des histoires qui se montent, des personnages qui se montent (mais je vous rassure, c'est hyper prude quand même), des amourettes à dormir debout, des tensions de folie que genre on se demande si Jean-Claude va pas défoncer Henry à la sortie (du bar) mais qu'en fait, trop pas, parce que Marie-Antoinette va intervenir et les calmer comme une colombe réparatrice de colère, des intrigues policières digne d'un melting-pot entre Maigret et Bonne nuit les petits version non censurée, des crimes hyper sanglants et pas du tout prévisible, et surtout ... un accent marseillais pour rendre le tout crédible à souhait.
Vous pouvez pas nier que ça vous donne grave envie de faire vos assassins de la police et de télécharger l'intégrale dans le dos des vilains d'Hadopi quoi.

Confidence pour confidence, j'étais absolument dingue de Luna, l'ancienne junkie qui est maintenant devenue une femme sage qui se respecte et travaille avec Charlotte, sa besta, dans son atelier de couture (trop de délire, tmtc). J'aimais beaucoup Vincent aussi, et puisque le ridicule ne m'a apparemment pas encore tué, je peux même vous dire que je le trouvais sexy. Allons encore plus loin : Plus belle la vie est à l'origine de ma gérontophilie latente, les débuts d'une pathologie qui n'a jamais cessé et qui me hante encore (si j'en fais trop, vous pouvez éventuellement me le signaler). Il faut dire que les personnages sont graves attachants, avec leurs morceaux de vie, leurs familles à problèmes, leurs jeux d'acteurs qui ferait vomir un somalien qui n'a pourtant rien dans l'estomac ... Bref, trêve de romantisme chateaubriantesque, on va à présent rentrer dans le vif du sujet et décortiquer cette merveille télévisuelle qui "résiste à l'envahisseur " et pourrit toujours nos écrans, sacrebleu !

Je vais évidemment pas vous passer en revu la totalité des personnages, mais j'aimerais quand même mettre l'accent sur certains qui valent le détour ...

Top devinette :
Je suis blonde, j'ai des tendances lesbiennes et nymphomane, je pense que tout m'est dû parce que je ne suis qu'une sale fille à papa bourgeoise, je suis également hystérique et bipolaire et en plus je joue comme un pied, je suiiiiis ....
Mais c'est bien sûr ! Céline Frémont !
Pour la peine, je vous montre un extrait où l'on voit toute l'ampleur du carnage ... (avec un léger pétage de plomb vers la fin, oui, c'est ma période hormonale, may you forgive me please)


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Top devinette, bis repetita :
Je fais la une des magazines, j'ai l'air d'une prostituée mais en réalité je suis juste une serveuse dont le cerveau baigne dans du vitriol, je m'habille et parle comme une pouf d'exception, je me suis tapée la moitié du Mistral, je suiiiiiiiiis ...
Mélanie Rinato !!! (T'as compris Natho? Ris, merde!) *adieu*

Légende de la photo : Bonjour, je suis très crédible en tant qu'actrice, je montre mes nichons ce qui fait que mon salaire est bien salé, mais sinon, je n'en mène pas large, ce que mon sourire d'autiste en phase terminale peut vous révéler. Mon patron est un obsédé mais il le cache bien, ce n'est pas grave, je pose nue pour FHM dans la vraie vie, alors un pervers de plus ou de moins, je suis pas à ça près quoi.
AHEM.

Petit bonus : Cliquez ici. Lien" Un soutient-gorge doit soutenir ce qu'il y a à soutenir ". Blaise Pascal, Racine et Platon aurait pas fait mieux, sincèrement. Ça fait trois fois le mot "soutient" en une phrase. Qui cotise pour un Bescherelle ?

Top devinette, bis repetita 2 :
Je suis brune, je suis en pleine crise d'adolescence, j'ai tendance à me montrer comme une grosse biatch égocentrique et revancharde, je joue encore comme un pied (la tradition, ça se respecte), je suiiiiiiiis ...
Bingo! Johanna M(F)arci(e) ! (Et ce nom de famille est ... pourri!)
Un autre extrait qui va me permettre de faire une jolie prose sur les talents inouïes de plus belle la vie en matière de scènes hollywoodiennes made-in-china :


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En premier lieu, je vous demande d'admirer le jeu d'acteur, oui, vous avez le droit de verser une larme, les mouchoirs sont à gauche, la poubelle à droite, bref, soyez ému vous le valez bien.
Passons aux choses sérieuses ...
First : Johanna est instable et vient d'avoir un accident grave qui lui a fait perdre son "bebey", elle les invite à bouffer tous les deux, ensemble, alors que le type la trompe secrètement (ou pas) avec Ninon version " notre libido est trop affriolante pour être contrôlée ", elle n'a pas touché une seconde à son fucking repas, elle sourit mesquinement et les observe manger avec délectation comme la vilaine sorcière devant blanche-neige, et pour couronner le tout, d'après la réflexion de la blonde écervelée, son plat est absolument dégueulasse. J'aimerais vous demander POURQUOI, ces deux branquignols ne se sont doutés de rien, pitié! Il aura fallu attendre que, ô dieu, la tête lui tourne pour qu'il comprenne que, mince, tout ceci est une mascarade! Sans déconner!
Et bien si j'étais sa mère, je lui aurais bien répondu ceci : Tu as la tête qui tourne ? Profites-en pour te regarder le cul!

Second : La musique. La musique quoi. Ce rythme oppressant qui vous enserre la poitrine et vous donne soudainement envie de ... vomir. Non mais c'est quoi ce mélodrame formaté ? Un vrai chef d'oeuvre musical quoi, les petits violons qui s'agitent pendant que Johanna, le héros de ce jour, nous annonce le drame, son enfer personnel ... Sincèrement, ne mentez-pas, cette ambiance quoi. On a presque envie de se demander où est la maîtresse d'école pour venir noter la gentille Johanna pour sa récitation impeccable ! Puis, on peut pas non plus passer à côté du visage déconfit de Rudy alias " j'ai la chiasse " (et une rime de prise, les enfants, bravo).

Third :
Le revirement de situation digne d'une vraie twist ending américaine! C'est "Sixième-Sens" version hardcore, "Saw" version lubrifié, bref, une vraie chiée de pigeon quoi. (J'ai pas trouvé mieux comme métaphore, on m'excuse, encore). " J'ai fermé la porte et j'ai jeté la clef " wooooow, la claque! Trop une folle cette Johanna! Petit bonus sur la posture très intéressante de Ninon (c'est la blonde, pour ceux qui n'aurez pas encore compris/suivis le délire)


En effet, chérie, tu as vu juste, tu ne sers réellement à rien là. (Si ce n'est à combler le potentiel couleur de la pièce en apportant une touche de bleu qui rappelle la mer, donc Marseille, donc l'OM, donc qui fait "zizir" aux 4 footballers homosexuels qui regardent la série). Vous pouvez aussi prendre plaisir à admirer l'équation tongs de beauf, pantalon de jogging d'un bleu horrible et tee shirt décolleté bleu marine qui fait un rappel dégueulasse avec les tongs ainsi qu'une touche de baroque avec les fanfreluches blanches. (et la couette de cheval so famous)
Suite du suspens, je vous prie : ELLE A DÉTRUIT LES PORTABLES! Mon dieu. Des Nokias 3410 quoi. Le niveau 225 de Rudy à Snake est complètement off là. C'est vraiment ignoble. En plus, elle les a fait bouillir quoi. Je vous demande de prendre 5mn pour imaginer cette conne entrain de remuer des portables dans une casserole remplie d'eau bouillante ...
...

Amazing. (aka Norman)
"J'ai coupé le fil du téléphone". Ah ben bravo. Franchement, ma petite sœur fait ça, je lui coupe la tête. Plus de connexion internet, et tout ça pour une histoire de fesse. Surtout que Rudy vient de totalement avouer sa peine et de demander l'amnistie. Trop d'émotions me rendent toute chose. Cette série est vraiment tragique. Les personnages se subliment pour demander le pardon et confesser devant Dieu leurs erreurs, leur philosophie est si raffinée ...
Rudy va cependant perdre son sang froid quand Ninon va s'écrouler telle une pierre sur le sol, les bras repliés sur son estomac meurtri.
C'est alors que le couperet tombe. " Mais qu'est ce que tu veux, bordel? " " Mourir. On va tous mourir. " (regard de braise de 15mn)
Je sais pas vous, mais cette réplique finale me fait penser aux paroles d'une des chansons de la comédie musicale Roméo et Juliette. Ou de la dernière perle de Dove, Pascal Obispo et j'en passe. Ou alors, plus vulgairement, ça pourrait être une tentative de copie de Beckett. " C'est finit, c'est bientôt finit, ça va finir" (cf. Fin de partie, cf. j'ai étudié ce livre pour le bac)
Non Johanna, je suis désolée, mais tu n'es pas vraiment aussi crédible, talentueuse, poète, génie, philosophe que Beckett. Malgré ta tentative, charmante et attendrissante, de faire écho au courant existentialiste tout en rappelant la finitude des choses et le tragique de nos vies périssables, je crois que ...
Que tu passes pour une psycho-rigide qui mérite 20 ans de thérapie, une séance de spiritisme avec l'esprit de Freud, et une prescription de Prozac. Ne me remercie pas, c'est gratuit.
Bon, c'est pas tout de descendre les damoiselles de cette innovation télévisuelle, mais il faudrait aussi se pencher du côté du sexe (roque)fort! En avant ... Top devinette :
J'ai 26 ans mais j'en paraît 15, j'ai les dents jaunes et un look à coucher dehors, je pense avoir la science infuse mais je ne possède qu'un neurone en activité, je n'ai aucune vie sexuelle et durant mon entière participation à la série, je ne suis qu'un pauvre personnage à la recherche d'une fille, j'ai une voix à vous ligaturer les tympans, je suis un geek né, je suiiiiis ...
Nathan Leserman! (un prénom et nom à consonance américaine, pour le staïle, qu'est ce que vous croyez ?)
Le cliché, toujours le cliché, aaaah mes confrères, jamais on s'en sortira. Je crois pas avoir plus à vous dire sur cet énergumène qui ne ressasse les problèmes récurrents de cette série, c'est à dire le conformisme stéréotypé, le vide intersidéral de psychologie concrète du personnage, ou encore l'idée saugrenue que se font les producteurs de l'adolescence boutonneuse. On va donc en rester là, je n'ai de plus pas trouver la moindre vidéo intéressante à décortiquer sur Nathan " Lizermaïne " (accent oblige).

Top devinette bis repetita(nic) :
Non, en fait non.
Je vais pas vous baratiner des heures sur les personnages, même s'ils sont sacrément drôles. Léo le flic aigri (version Sharko de Franck Thilliez en 500 0000 fois moins fascinant), Nicolas le flic homosexuel dépressif, son conjoint Thomas, la drama-queen (ou drag-queen accessoirement) du quartier, ou même Rudy, le coureur de jupon, Frémont, le vieux véreux de service. BREF.
J'ai trouvé une dernière petite chose qui demande un regard attentif. Je sais, j'ai gentiment castré les Monsieurs en ne leur accordant que peu d'intérêt, mais ils ne m'inspirent pas autant que ces demoiselles hystériques (c'est là qu'on voit le brin sexiste du réalisateur, n'est-ce-pas messieurs?).
Je vous propose un truc beaucoup plus lucratif et démotivant :
AH AH AH. *rire diabolique*
On est vraiment rien sans elle / Ah et bien oui, bien vu mec, la vie ça sert à vivre. Chapeau bas l'autiste. Sans vie, on meurt, et si on meurt, on existe plus. Je crois que j'ai compris le sens de l'existence, merci Eva.

Qu'on soit noir ou blanc / Coucou le message d'amour et de paix sous cellophane ambiance " tout le monde il est beau tout le monde il est gentil même si on a la couleur du l'urine ou de l'excrément "

Si on tend la main pour elle / C'est bien connu, Candy et les Bisounours ne sont que de pâles copies de la réalité de notre existence, il suffit de tendre la main à la vie pour avoir de la bouffe, du fric, un toit. (Dans une autre réalité, il faut plutôt tendre autre chose, mais je dis ça, je dis absolument rien)

La vie est plus belle / Et voilà, apocalypse de la niaiserie combo message optimisme ambiance " Les gars, faites pas vos mauvaises fois, si vous crevez la bouche ouverte dans un caniveau, c'est parce que vous le voulez bien! " Naturellement.


Mais ça, ce n'était que le générique de début, évidemment, on fait d'une pierre deux cou(illes)p, et voici, le générique de fin :

Tout mais pas perdre mon âme / Encore une nouvelle approche religieuse de l'existence très réflexive, désormais l'on apprend que si l'on perd son âme, on est mort. C'est beaucoup pour la découverte de la vie. Oui, parce que l'âme monte au ciel, avec tous les gentils monsieurs et madames morts de la malaria and co. Donc forcément, tout mais pas crever, puisqu'on est vraiment rien sans elle. C'est une suite LOGIQUE.

Pas effacer ce qui ne ment jamais / Là, encore une fois, je dois pas avoir un cerveau assez ouvert pour comprendre le sens véritable de cette maxime. Je pense juste que la rime nécessitait une phrase pseudo intelligente comme ça, et que n'ayant rien sous la main, la madame à la voix chantante à décider de s'en prendre à la vérité et au mensonge.

Tout mais pas perdre la flamme / Métaphore. La flamme est peut être la vie, la joie de vivre, le bonheur d'être en vie. Que c'est poétique mes frères. Mais ça fait quand même une sacré redondance là, les mecs : On est vraiment rien sans la vie, donc il ne faut pas perdre son âme (sa vie donc), et tout mais pas perdre la vie quoi. On aura compris : EVA N'EST PAS SUICIDAIRE. Gloire à toi, Eva. (pour ceux qui n'aurait pas encore compris, c'est la chanteuse, oui oui)

L'invisible songe de ce que l'on est / Joker ?
Ce que l'on est... / Répétition stylistique alias " j'ai pris un abonnement consonne " (cf. Shym)


Je crois que ça suffit pour aujourd'hui, hein?
Je me sens libérée. J'ai purgé ma peine. Mes vieux démons m'ont quittés. Et je vous promet un jour de cesser de parler gras pour m'étendre sur des séries extraordinaires qui font briller milles étoiles dans mes yeux, comme Dexter, House, Glee, Lie to Me ou United States of Tara. Mais pour l'instant, j'avais besoin de me manifester. J'espère que je vous ai vaccinés, ou bien j'espère vous donner envie de regarder pour le cynisme enfoui en vous et l'envie franchouillarde de rigoler de bon cœur.
Sur ce, je vous abandonne, pour le moment. Et je m'attèle à un prochain article purement coup de cœur, pour changer le rythme, pour me ressourcer quoi.

A bientôt, les copains, et n'oubliez pas ... On est vraiment rien sans elle ;)

samedi 23 juillet 2011

Panzani-cuite ni soumise

Panzani-cuite ni soumise

Critique Pub Panzani
Avant de me lancer dans une diatribe échauffée sur telle ou telle perle publicitaire, il faudrait tout de même élucider le problème que l'on est susceptible de rencontrer concernant les mass-medias. De mon point de vue, si nous en sommes ici - et par ici j'entends plongés au cœur de cet évident manque d'imagination, de créativité intelligente et d'attractivité lucide - c'est à cause d'un périlleux cercle vicieux, si j'ose dire (les images mentales que me renvoie cette expression sont tordantes, je le jure). Je m'explique.

Si les publicités paraissent si naïves, si puériles et parfois même, excusez-moi du terme, si ... stupides (avouez que vous vous attendiez à un gros-mot trop pas beau), c'est parce qu'elles se veulent abordables. Et si le fait qu'elles soient naïves, puériles et stupides les rendent abordables, c'est parce que le public le veut bien. Or, si le pub lic le veut bien, c'est parce que dès sa plus tendre enfance télévisé, il a été matraqué de clichés et de daubes qui lui ont clivés l'esprit, et l'ont rendu enclin à ça.

Ok, ça fait très caricatural et très fataliste et je grossis le trait, mais quand je vois ma petite sœur me dire que genre Colonel Reyel c'est trop de la balle intergalactique, je me dis qu'il y a un bug dans le système (Non, Colonel Reyel n'est pas une pub, mais ça fonctionne aussi avec la musique et tout ce qui peuple notre environnement multimédia). Bon, évidemment, ne mettons pas tout le monde dans le même sac : toutes les pubs ne sont pas lamentables, tout ce qui est diffusé à la télévision n'est pas nullissime, et tout le monde n'est pas super-méga-convaincu par les pubs de Panzani (oui, on y vient). Cependant (très construit tout ça, n'est-ce-pas?), si ces conneries continuent à tourner et à nous donner envie de nous fracasser la tronche à chaque fois q ue le jingle retentit, c'est qu'il y a une raison. Et cette raison est malheureusement le cercle vicieux dont je parlais. Les publicitaires savent ce qu'ils font, même si l'on pourrait croire qu'ils sont franchement shootés et inconscients ... (Je vous invite d'ailleurs à lire 99F de Frédéric Beigbeder - non, je ne m'autoriserais pas à baver, pas cette fois - qui énonce le problème bien mieux que moi) .


Je vous invite au concret, maintenant.




... Fabuleux, n'est-ce-pas?

Cela voudrait-il dire qu'un jour, un type nécrophile et timbré est entré en trombe dans un bureau et a balancé l'idée de faire danser le swing à une espèce de vieille couguar dans le but lucratif de faire acheter des gnocchis Panzani à tous les petites crapules à casquette de la terre ? (ou à leurs mères désespérés qui ne savent plus qu'inventer pour les faire bouffer, ces salopiauds ingrats ?). Non mais sans déconner.

A chaque fois que ces " masterpiece " de Panzani passe à la télé, je me demande ce qui est le pire : le ridicule frisant la parodie dans lequel s'empêtre chaque pauvre "acteur" (dont la vie est ruinée après ça, soyons-clair), le massacre musical qui vous résonne dans la tête jusqu'à ce que mort s'en suive le reste de la journée ou encore la manière décadente dont Ebro Puelva (oui, c'est le type qui possède la marque) nous se rt de jolis clichés tout frais comme il nous servirait un plat de ses fucking pâtes, ou gnocchis, ou raviolis AUSSI.
Déjà, on se demande ce que fout la grand mère dans cette position au début de la pub


Puis après une légère réflexion et un peu de recherche dans le casier " geek-sans-foi-ni-loi " de notre cerveau, on peut s'imaginer que ...


Bon, OK, ceci pèse pas lourd dans la balance, mais quand même bordel ... Cette vieille (je sais, on dit personne âgée) est très soupçonnable se s'être gentiment uriné dessus tel un sims irresponsable.
La deuxième hypothèse tangible à cette position douteuse pourrait aussi éventuellement être la qualité scénaristique désastreuses de ces pubs. Au lieu de nous surprendre avec son pas de danse endiablé, la vieille est DÉJÀ en position avant l'élément déclencheur (à savoir les deux morveux). C'est comme si le héros d'un film d'action tirait déjà à blanc avant l'arrivée de son Némésis sur l'écran. C'est genre Pete Oyable (si vous avez ris à cette "blague", vous aussi, vous l'êtes).
(Soit dit en passant, je pense qu'elle danse pour sponsoriser le "manger-bouger" d'en bas qui préconise une activité physique régulière, donc, même en cuisinant des panzanis, aussi!)

Bon, je vous passe les commentaires sur le décor ultra réaliste combo esthétique combo Valérie Damidot se suicide si elle voit ça. Avec un big-up pour le seul placard ouvert qui contient des ... des ... Oui, c'est ça, des GNOCCHIS DE PANZANI !
Minute scénario foireux : Comme la vieille est une couguar habillée en prostituée soft version gérontophilie-mon-amie, on peut se dire qu'elle passe sa vie à courir les rues à la recherche de jeunes Ashton Kutcher en rut, et qu'en conséquence, elle n'a le temps de cuisiner que des foutus GNOCCHIS DE PANZANI, ce qui explique aisément que le placard en soit remplit. (Ce qui n'explique pas la fausse panique de 5 secondes que celle-ci esquisse avant de se rappeler : ah ben oui les gars, j'ai une cargaison de gnocchis panzani dans le placard, pourquoi n'y avais-je pas pensé plus tôt?)
(Je tiens aussi à faire une légère parenthèse sur la grande fenêtre panoramique de bourge derrière qui laisse entrevoir un arbre tout à fait réaliste lui aussi, aheum)

Après cette charmante entrée en matière, je voudrais parler des clichés horriblement bas de gamme que nous sert cette pub ... On est pas au bout de nos peines, sérieusement.
First : Pourquoi les deux adolescents, sous prétexte que leur âge se situe à une période extrêmement gore difficile durant laquelle leurs hormones sont en ébullition, doivent-ils êtes représentés comme deux tristes abrutis, deux attardés, bref, deux pauvres gosses bercés trop près du mur ?
Si Valérie Damidot doit pâlir à la vu du décor, Christina Corduli doit aisément se tailler les veines en voyant la dégaine des chéris de mamie. Casquette et bonnet, c'est tellement hype quoi. Surtout quand on l'utilise à bon escient pour donner une allure de " truand de la galère " et pour rappeler aux téléspectateurs que oui, même les négros des cités peuvent kiffer les panzanis, AUSSI. Évidemment, on veut pas inciter à la violence ("les jeux vidéos le font suffisamment bien dis donc"), alors ils entrent joyeusement en disant " Coucou Mamie ". Ça casse l'ambiance lascarde de leurs gueules dépités de jeunes racaille des bacs à sables.
Second : L'apothéose du cliché se trouve tout de même dans les répliques hyper constructives. " Trop bon " " Ouais j'avoue ". Alors déjà, BARBIE GROSSE MENTEUSE (cf. Florence Foresti), quand on voit l'allure des gnocchis dans la poêle, je suis désolée, mais il n'y a pas moyen quoi ... Même Photoshop sur Madonna ça marche mieux.




Terminons en beauté avec le " Trop stylé mamie ", " Ah c'est de la balle hein" ... Mais sérieusement, je ressors mon slogan : Pour qui nous prends-t-on ?
Un adolescent n'est pas seulement un analphabète doublé d'un mou du gland (excusez moi du terme) qui végète telle une limace, pitié quoi. Pourquoi on a pas pris exemple sur autre chose que ces exceptions de la nature qui polluent l'image de la jeunesse ? Pourquoi est-ce qu'on nous sers des trucs aussi crédible que les psys de Confessions Intimes ?
Genre ça vous ai déjà arrivés de voir ce genre de spécimens blasé de la vie, de la poésie, de Victor Hugo et de Baudelaire, s'extasier comme deux fleurs devant des gnocchis industriels et à moitié cramés ? Tout cela pendant que leur grand mère joue de la guitare avec une fausse poêle violette en poussant la voix dans les aigus ? C'est pour donner un côté cool à la mamie c'est ça ? C'est pour lui conférer ce côté " je suis jeune dans ma tête " qui fait sourire toutes les grands mères en devenir et les rassure confortablement ?
Personnellement, si j'avais vu ma grand mère faire ça ...


En plus, cette mamie, elle ressemble à un transsexuel quoi ...
(Oui bon ok, ce commentaire est inutile)


BREF, je pourrais écrire un livre sur l'inventivité décapante des pubs panzani, mais je crois que tout se doit d'avoir une fin, et une fin digne, ce qui me vaut la peine de mettre un terme à cet article avant que mes délires prennent le pied dessus (c'est déjà fait, oui, je le conçois).
Tout ça pour dire que cette pub (et les autres également, rassurez-vous, le médiocre est de rigueur), est une vraie mascarade, et que sincèrement, si il ne restait pas quelques petites exceptions télévisuelles, on serait vraiment mal barrés.



Je vous souhaite une bonne semaine, et j'espère que vous mangerez des panzanis ... AUSSI.